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	<title>Le Cri de la Virgule</title>
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	<description>Chroniques culturelles indépendantes.</description>
	<pubDate>Sun, 05 Sep 2010 15:14:03 +0000</pubDate>
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		<title>Une chambre à soi - Virginia Woolf</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 15:57:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Au fil de ma bibliothèque]]></category>

		<category><![CDATA[essai]]></category>

		<category><![CDATA[féminisme]]></category>

		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>

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		<description><![CDATA[Publié en 1929, A room of owner own est un essai éminemment précieux, tant par son discours que par sa forme. Le thème qu&#8217;il réfléchit - les femmes et le roman - a beaucoup nourri l&#8217;imaginaire masculin des romanciers, essayistes et autres psychanalystes. Il reste encore aujourd&#8217;hui bourré de clichés : Ah ! le &#8220;mystère&#8221; de la femme, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><img class="size-full wp-image-1333 alignleft" style="border: 1px solid black;" title="virginiawoolf1" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/virginiawoolf1.gif" alt="virginiawoolf1" width="177" height="285" />Publié en 1929, <strong>A room of owner own</strong> est un essai éminemment précieux, tant par son discours que par sa forme. Le thème qu&#8217;il réfléchit - <em>les femmes et le roman</em> - a beaucoup nourri l&#8217;imaginaire masculin des romanciers, essayistes et autres psychanalystes. Il reste encore aujourd&#8217;hui bourré de clichés : Ah ! le &#8220;mystère&#8221; de la femme, cet être lunaire dont on ne peut saisir l&#8217;essence que par la poésie ou la forme romanesque, prolongement naturel, voire miroir de la psyché féminine&#8230;</p>
<p style="text-align: left;">Dans son essai, Virginia Woolf  fait preuve d&#8217;un recul critique étonnant pour l&#8217;époque. Clairvoyante et moderne, elle n&#8217;épargne ni les hommes ni les femmes, et travaille à se dégager de tout stéréotype ou conclusion hâtive. <strong>Une chambre à soi</strong> c&#8217;est d&#8217;abord la métaphore de l&#8217;indépendance économique et de l&#8217;autonomie affective. Indépendance indispensable à toute femme de l&#8217;époque désirant écrire, cette activité étant jusqu&#8217;alors majoritairement réservée aux hommes. Bien que Virginia Woolf décrive essentiellement le profil d&#8217;une femme de condition bourgeoise, et qu&#8217;elle s&#8217;adresse à un public universitaire, son propos est universel. Au début du siècle dernier, les hommes en effet, considéraient que la femme n&#8217;était pas en mesure de concevoir des œuvres intellectualisées, de se projeter dans le champ des concepts. La bourgeoise plus que la prolétaire était cantonnée au rôle de mère et d&#8217;épouse. Discriminations qu&#8217;<strong>une chambre à soi</strong> fait voler en éclats par son existence même. Le style de l&#8217;auteure se démarque aussi par sa liberté de ton, sa manière à la fois sensible, poétique et critique de tirer le fil de sa réflexion.</p>
<blockquote><p>C&#8217;est pourquoi je vous propose, usant de toutes les libertés et de toutes les licences permises à une romancière, de vous raconter l&#8217;histoire des deux jours qui précédèrent ma venue ici - de vous raconter comment, ployant sous le poids du sujet dont vous aviez chargé mes épaules, je l&#8217;ai médité, entretissé aux gestes de ma vie quotidienne, puis rejeté.</p></blockquote>
<p>Divisé en 6 chapitres, le livre se présente comme le récit d&#8217;une conférence. Woolf, dans la peau du professeur, s&#8217;adresse à une assemblée d&#8217;étudiantes mais c&#8217;est bien elle qu&#8217;elle interroge, au moyen de sa propre expérience, teintée de fiction. Elle passe du particulier au général, de son propre rapport au monde, aux hommes, aux lettres, pour créer des passerelles intelligibles avec la condition féminine de son temps. Les digressions assumées de la romancière sont une forme toute personnelle de maïeutique, qui lui permet d&#8217;accoucher de ses idées. Car on se demande, au cours de la lecture, où elle veut nous emmener. Il est vrai que le thème abordé ne peut se penser unilatéralement. Il convient d&#8217;en explorer toutes les facettes (histoire, société, art) s&#8217;il l&#8217;on souhaite parvenir, sinon à une réponse, du moins à une vision à peu près claire et hiérarchisée du rapport qui peut exister entre les femmes et le roman, si toutefois ce rapport existe&#8230;</p>
<p>Cet essai est donc un récit en soi, qui pose les fondements d&#8217;un féminisme rationnel et nuancé, par opposition à un féminisme militant, voire revanchard. Extrêmement riche, on ne peut faire le tour de ce texte en une seule lecture, qui est aussi une petite leçon de fiction et de dérision. C&#8217;est donc un livre de chevet qui se lit et se relit, comme un palimpseste, avec autant de plaisir que de profit.</p>
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		<title>Relax : la colère post-punk de FRUSTRATION</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jun 2010 12:34:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

		<category><![CDATA[Cold Wave]]></category>

		<category><![CDATA[Frustration]]></category>

		<category><![CDATA[Post-Punk]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;origine de tout processus créatif, il y a un sentiment d&#8217;inconfort, une pulsion qui demande l&#8217;expulsion, une frustration : &#8220;We have some&#8221; !! C&#8217;est ce sentiment universel, évoqué par la pochette industrielle du disque, que les membres du groupe éponyme ont choisi d&#8217;explorer en musique. Biberonnés au punk-rock de Charles de Goal, nourris du son [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1068" title="relax" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/relax.jpg" alt="relax" width="130" height="130" />A l&#8217;origine de tout processus créatif, il y a un sentiment d&#8217;inconfort, une pulsion qui demande l&#8217;expulsion, une frustration : &#8220;We have some&#8221; !! C&#8217;est ce sentiment universel, évoqué par la pochette industrielle du disque, que les membres du groupe éponyme ont choisi d&#8217;explorer en musique. Biberonnés au punk-rock de Charles de Goal, nourris du son cold de Joy Division, influencés par le rock expérimental de The Fall (entre autres) les <strong><a href="http://www.myspace.com/_frustration">Frustration</a></strong> ont créé un album qui mêle énergie &#8220;mâle&#8221; et sensibilité à fleur de peau. Bénéficiant d&#8217;une solide expérience dans la musique underground (ex <em>Teckels</em>, <em>Warum Joe</em>, <em>No Talents</em>, actuellement <em>Anteenagers MC</em>) le quintet rock avec Fabrice au chant, Nicus à la guitare, Manu à la basse, Fred aux claviers et Mark à la batterie, parvient à faire oublier les maîtres. Et c&#8217;est bien à cette maturité artistique que l&#8217;on identifie les grands, qui les rend immédiatement reconnaissables : différents. Avec <strong>Relax</strong> (2008) on ne sombre jamais dans l&#8217;introspection dépressive, la colère vaut mieux car elle est un moteur, un élan vital. On ne peut pas dire que les textes soient à proprement parler &#8220;politiques&#8221;,  mais ils ont une portée contestataire, &#8220;romantique&#8221; au sens initial du terme. Onze titres ravageurs figurent au compteur de cet album au rock sombre, puissant, enrichi d&#8217;effets électro et de petites trouvailles décalées. Les titres parlent d&#8217;eux-même :  &#8220;Too many questions&#8221; (qui ne s&#8217;en pose pas), &#8220;She&#8217;s so tired&#8221; (qui ne l&#8217;est pas) ou encore &#8220;Waiting for the bad things&#8221; (on ne peut plus clair). Le phénomène identificatoire tourne à plein régime. Les tourments existentiels sont le cœur de l&#8217;album : passion déchirée (&#8221;Shake me&#8221;), amitié en péril (&#8221;Relax&#8221;), impuissance d&#8217;être au monde (&#8221;So many questions&#8221;), injustice sociale (&#8221;As they said&#8221;). Chaque titre est un univers à lui seul, comme le martial &#8220;Brothers&#8221; qui évoque d&#8217;un bon upercut la camaraderie de la &#8220;working class&#8221; et s&#8217;inspire des traumas de la guerre. Autre son de cloche avec l&#8217; industriel &#8220;Shades from the past&#8221; morceau instrumental et inquiétant, qui élargit la palette des Frustrations. Le psychotique &#8220;Faster&#8221; clos l&#8217;album sur une note hurlante et vertigineuse, qui laisse exsangue et orphelin. Encensé par la presse rock, <strong>Frustration</strong> est une véritable machine de guerre, dont les concerts électriques vous embarquent sans vous demander votre avis. Signés chez <strong><a href="http://www.bornbad.fr/epages/240383.sf/fr_FR/?ObjectPath=/Shops/240383/Products/18/SubProducts/18-0001">Born Bad</a></strong>, label parisien indépendant et spécialiste du vrai rock&#8217;n'roll, <strong>Relax</strong> est également disponible en vinyle, évidemment indispensable !</p>
<p>Discographie : Full of sorrow (mini LP de 6 titres) versions 2004 &amp; 2006 - Relax (album de 11 titres) 2008</p>
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		<title>Mary Poppins : fantaisie et anticapitalisme !</title>
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		<pubDate>Sun, 16 May 2010 14:59:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[enfance]]></category>

		<category><![CDATA[invention]]></category>

		<category><![CDATA[Mary Poppins]]></category>

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		<description><![CDATA[Habituellement, je n&#8217;aime pas les comédies musicales pour bambins : c&#8217;est hystérique, mièvre et ça fait du bruit. Je n&#8217;avais donc jamais vu ce film (sorti en 1964) et m&#8217;en faisait une idée calquée sur mes préjugés : cul-cul la praline, vieillot, probablement moraliste, etc. Mais à mon grand étonnement j&#8217;ai découvert une véritable perle ! Il y a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1443" title="21marypoppinsaffiche" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/21marypoppinsaffiche.jpg" alt="21marypoppinsaffiche" width="234" height="278" />Habituellement, je n&#8217;aime pas les comédies musicales pour bambins : c&#8217;est hystérique, mièvre et ça fait du bruit. Je n&#8217;avais donc jamais vu ce film (sorti en 1964) et m&#8217;en faisait une idée calquée sur mes préjugés : cul-cul la praline, vieillot, probablement moraliste, etc. Mais à mon grand étonnement j&#8217;ai découvert une véritable perle ! Il y a bien un miracle <strong>Mary Poppins</strong>, une étonnante alchimie qui opère et vous fait redevenir enfant, comme si vous n&#8217;aviez jamais quitté cet état.</p>
<p>Tout d&#8217;abord, comme dans Alice aux pays des merveilles, la normalité y est remise en question. La logique se renverse pour faire place à la fantaisie et à la magie. Ainsi Mary Poppins se déplace-t-elle par voie aérienne, au moyen d&#8217;un parapluie largement déployé : jolie modernisation du balai de sorcière et fantasme d&#8217;envol partagé par bon nombre d&#8217;enfants. L&#8217;étrange jeune femme s&#8217;invite donc dans une famille débordée, les frasques des rejetons faisant fuir les nanys les plus expérimentées. Mais derrière le verni de cette famille apparemment sans tâches, aux mœurs bourgeoises, un tantinet réactionnaires, se profile un malaise né de l&#8217;incommunicabilité entre le monde des enfants et celui des adultes. Toujours avenante, cette nany hors-normes n&#8217;en sera pas moins critique, tant à l&#8217;égard de l&#8217;éducation prodiguée aux enfants, que vis-à-vis du comportement de ces derniers. C&#8217;est une espèce d&#8217;éducation alternative qu&#8217;elle s&#8217;emploie à dispenser, mêlant des caractéristiques à priori incompatibles : bonne humeur, imagination et surtout rigueur&#8230; Ces nouvelles règles visent le déconditionnement des enfants, des parents mais aussi celui du &#8220;personnel de maison&#8221; (nous sommes au début du XXème siècle, chez les riches).</p>
<p>Techniquement, le mariage du réalisme et du dessin animé sont un enchantement, car ils réactivent instantanément ces visions enfantines dans lesquelles le réel se mêle harmonieusement au rêve. On se trouve littéralement embarqué dans des péripéties folles, faisant intervenir des personnages rocambolesques, tantôt humains tantôt dessinés et des lieux du commun qui révèlent tout-à-coup leur nature extraordinaire. Mary, tout en entraînant les enfants dans son sillage, conserve toujours sa dignité et leur démontre que l&#8217;on peut vivre pleinement des aventures extravagantes, en demeurant une personne crédible et de confiance. Cette comédie musicale, pleine d&#8217;humour et jamais gnan-gnan, délivre in fine une &#8220;morale&#8221; assez inattendue, fondée sur le partage des richesses, qu&#8217;elle soit économique ou affective. Une chute surprenante pour une œuvre produite dans un pays où l&#8217;individualisme fait loi et qui évoque le poignant &#8221;Conte de noël&#8221; de Charles Dickens.</p>
<p>Enfin, on rit beaucoup et sans façons des milles et unes trouvailles de ce film plein d&#8217;imagination, de tonus et de finesse. Vivement recommandé en cas de grisaille morale !</p>
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		<title>Petits contes cruels pour grands enfants pas sages : à table !!!</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Apr 2010 11:45:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Au fil de ma bibliothèque]]></category>

		<category><![CDATA[Aurélio]]></category>

		<category><![CDATA[Les presses Littéraires]]></category>

		<category><![CDATA[Petits contes cruels pour grands enfants pas sages]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici une BD française (oui môssieur, oui mâdame) au format comic book et à l&#8217;esprit fanzine qui mérite le détour ! Constitués de treize récits, les Petits contes cruels pour grands enfants pas sages puisent aux sources du climat expressionniste avec une délectation communicative : perspectives bancales, personnages effrayants, histoires burlesco-morbides, bref tout ce qu&#8217;on aime [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-1268" title="aurelio1" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/aurelio1.jpg" alt="aurelio1" width="191" height="283" />Voici une BD française (oui môssieur, oui mâdame) au format <em>comic book</em> et à l&#8217;esprit fanzine qui mérite le détour ! Constitués de treize récits, les <strong>Petits contes cruels pour grands enfants pas sages</strong> puisent aux sources du climat expressionniste avec une délectation communicative : perspectives bancales, personnages effrayants, histoires burlesco-morbides, bref tout ce qu&#8217;on aime !</p>
<p>Un certain <a href="http://www.aurelio.fr/">Aurélio</a>, créateur de ces petites merveilles artisanales, a développé et mis en scène un univers tordu et tendre à la fois, aux dessins inspirés et très stylisés. Ses histoires se lisent comme des comptines et se regardent longtemps, afin d&#8217;en goûter pleinement la richesse du trait, le soucis du détail. Il convient de souligner le travail de l&#8217;<a href="http://www.lespresseslitteraires.com/">éditeur</a> qui livre ici un bel objet, imprimé en bichromies. En effet, chaque récit arbore sa propre couleur, procédé ingénieux qui permet d&#8217;accentuer l&#8217;effet recherché (montée de l&#8217;angoisse par exemple). Ces récits brefs sont parfois précédés d&#8217;une morale que le bédéaste s&#8217;emploie alors à illustrer d&#8217;une manière personnelle et poétique, usant d&#8217;un humour noir fort délicat. On remarque aussi une grande inventivité, laquelle tire sa source des angoisses et désirs contrariés de la nature humaine ou d&#8217;états mentaux limites. La composition des planches, le découpage des cases et la narration sont originaux, pensés, pesés. Les titres en forme de clins d&#8217;œil donnent le ton, en lettres gothiques cela va sans dire ! Coups de cœur pour &#8220;Acouphène ou le compositeur fou&#8221;,  &#8220;Junkie Christmas&#8221;, &#8220;La faim de l&#8217;ogre&#8221;, &#8220;Tiempo de paz&#8221; ou encore &#8220;Le théâtre de la vie&#8221;. L&#8217;enfilade de ces contes cruels exquis, souvent empreints de romantisme, est un régal pour les yeux comme pour l&#8217;esprit.</p>
<p>Enfin, on peut dire qu&#8217;Aurélio creuse le sillon du fantastique avec un style dans lequel on remarque des filiations et cousinages (certains personnages évoquent ceux du &#8220;Nightmare Before Christmas&#8221;, on pense aussi aux Shadoks, princes de l&#8217;absurde, à la folie minutieuse de Crumb) mais dont il s&#8217;affranchit avec un talent singulier. Que soit vivement remercié ce <em>grand enfant pas sage</em> qui sait si bien nous mettre en appétit !</p>
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		<title>L&#8217;ange de la vengeance : Abel Ferrara</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 14:40:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[Abel Ferrara]]></category>

		<category><![CDATA[Zoé Lund]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;ange de la vengeance (Ms.45 en anglais) est un film au climat hypnotique et envoûtant. Il représente bien plus qu&#8217;un simple film de genre, ici sous-genre du &#8220;film d&#8217;autodéfense&#8221;. Sorti sur les écrans en 1982, le troisième long-métrage d&#8217;Abel Ferrara, cinéaste indépendant et underground, est une de ces pépites que seul le cinéma américain peut produire. Viscéral [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="alignleft size-full wp-image-1031" title="ange" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/ange.jpg" alt="ange" width="120" height="160" />L&#8217;ange de la vengeance</strong> (<strong>Ms.45</strong> en anglais) est un film au climat hypnotique et envoûtant. Il représente bien plus qu&#8217;un simple film de genre, ici sous-genre du &#8220;film d&#8217;autodéfense&#8221;. Sorti sur les écrans en 1982, le troisième long-métrage d&#8217;Abel Ferrara, cinéaste indépendant et underground, est une de ces pépites que seul le cinéma américain peut produire. Viscéral et singulier au coeur même de la contre-culture, il se détache par une esthétique évoquant celle de <strong>Taxi Driver</strong> ou <strong>Permanent Vacation</strong> (les couleurs, la mythologie de la ville, la codification des personnages) et par l&#8217;originalité du scénario (une jeune-fille violée qui met en oeuvre sa propre <em>vendetta</em>). On y trouve de la violence certes, mais surtout une vengeance qui ne dit pas son nom (l&#8217;héroïne est muette) vue et mise en scène par le prisme paranoïaque de cet ange exterminateur, dont la destinée mortelle s&#8217;inscrit jusque dans le prénom&#8230;</p>
<p>Au commencement est une belle et pure jeune-fille qui travaille dans la confection à Manhatan, dans le comté de New York. Sa fragilité et sa candeur la font avancer dans le monde avec une sorte d&#8217;hébétude, de somnanbulisme, qui annoncent le drame : Thana (abréviation de Thanatos) sera violée deux fois le même jour. Une première fois par un homme armé et masqué, derrière lequel se cache Abel Ferrara, sous le pseudonyme de Jimmy Laine. Le viol se déroule dans le lieu le plus glauque de l&#8217;immeuble de Thana, un local à poubelles, à ciel ouvert, associant immédiatement l&#8217;agression à la saleté, cette saleté qu&#8217;il faudra &#8220;nettoyer&#8221;. L&#8217;inconnu s&#8217;enfuit. Traumatisée, elle regagne péniblement son appartement pour y trouver un cambrioleur qui, profitant de son mutisme et de sa terreur, la violera à son tour. Mais Thana a de la ressource. Elle lui assène plusieurs coups sur la tête avec une pomme de verre rouge, symbole du fruit défendu et couleur récurrente dans le film, ici détourné pour l&#8217;auto-défense. Elle achève ensuite son agresseur à coups de fer-à-repasser, initialement son outil de &#8220;travail&#8221; qu&#8217;elle troquera pour une arme à feu. Enfin, elle le découpe en morceaux, qu&#8217;elle conservera &#8220;au frais&#8221; dans des sacs poubelle, moins par soucis de dissimuler son forfait que par calcul. Car elle les disséminera au hasard des rues, marquant ainsi son désir de se débarasser du viol en se débarrassant de ce qui reste de l&#8217;homme : quelques morceaux de viande froide.</p>
<p>Ce qui est frappant chez l&#8217;héroïne, c&#8217;est le changement paradoxalement salvateur qui la pousse ainsi à sortir d&#8217;elle-même, révélant une nature beaucoup moins angélique qu&#8217;elle nous apparaissait au début. Les viols l&#8217;ont traumatisées, mais au lieu de rester prostrée chez elle, Thana abandonne la passivité et devient actrice de son destin, avec pour moteur une vengeance dirigée contre le genre masculin, perçu comme agresseur potentiel et implicitement, constitutionnel. Armée du pistolet du second violeur, Thana n&#8217;aura désormais de cesse d&#8217;arpenter les ruelles sombres la nuit, traquant celui ou ceux qui se prendront dans les filins de sa toile. C&#8217;est tout naturellement qu&#8217;on la suit dans ses pérégrinations, dans cette quête sanglante qui accomplira la transformation d&#8217;une jeune fille innocente, en vengeresse implacable. <strong>L&#8217;ange de la vengeance</strong> n&#8217;est pourtant pas <em>que</em> le film &#8220;d&#8217;une femme qui a des comptes à régler avec les hommes&#8221;. C&#8217;est aussi et surtout un prétexte pour mettre en images le processus d&#8217;une paranoïa féminine, révélée par une double agression sexuelle. C&#8217;est ce cheminement interne, cette métamorphose qui est au coeur du film, et qui fait réellement violence. Car le monde de Thana, celui qu&#8217;elle se construit, est une amplification démesurée des dangers du monde réel, que par ailleurs elle provoque. Une des scènes les plus signifiantes de cette paranoïa est celle où, grimée en nonne défroquée, l&#8217;héroïne s&#8217;imagine face au miroir encerclée par des agresseurs multiples, qu&#8217;elle dégomme consciencieusement, un par un. A cet instant précis, le jeu de l&#8217;actrice est saisissant. Elle semble avoir totalement oublié la caméra et dans une sorte de mise en abyme de son propre rôle, joue à l&#8217;ange exterminateur, comme une petite-fille le ferait devant la glace. Tout cela n&#8217;est pas vraiment réel&#8230;</p>
<p><strong>Ms. 45</strong> permet donc au cinéaste de laisser libre-court à la pulsion scopique qui l&#8217;anime (et peut-être un désir secret d&#8217;émasculation) comme elle anime tout-un-chacun, pulsion satisfaite par la triple violence que déploie son récit : violence corporelle, psychologique et formelle. Enfin, l&#8217;interprétation de <a title="site officiel" href="http://zoelund.com/filmvid/index.html"><strong>Zoé Lund</strong> </a>est remarquable, toute en finesse, car elle ne se laisse jamais enfermer dans son étrange beauté; beauté qu&#8217;elle détourne sous les traits de Thana, à des fins vengeresses. Prématurément décédée en 1999, Zoé Lund co-écrivit le scénario de <strong>Bad Lieutenant</strong> (1992) autre pépite vertigineuse d&#8217;Abel Ferrara. Elle y incarne une toxicomane, état qu&#8217;elle connaissait bien pour être le sien dans la vie&#8230; <strong>L&#8217;ange de la vengeance</strong> est un film complexe, aux ressorts parfois inattendus, qui ouvre de nombreuses pistes à l&#8217;interprétation.</p>
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		<title>Control : beautés et dangers du biographique</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Feb 2010 18:01:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[Control]]></category>

		<category><![CDATA[Ian Curtis]]></category>

		<category><![CDATA[Joy Division]]></category>

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		<description><![CDATA[Ok, je suis fan de Joy Division. Ce n&#8217;est cependant pas une raison pour avaler tout et n&#8217;importe quoi, dans l&#8217;espoir de ressusciter le cadavre&#8230; Bon, Control, ça n&#8217;est pas n&#8217;importe quoi et pour cause. L&#8217;exercice fut hautement périlleux : adapter au cinéma le récit de la vie d&#8217;un chanteur de rock mort à 24 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-152" style="margin: 1px;" title="control" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/control-225x300.jpg" alt="control" width="225" height="300" />Ok, je suis fan de Joy Division. Ce n&#8217;est cependant pas une raison pour avaler tout et n&#8217;importe quoi, dans l&#8217;espoir de ressusciter le cadavre&#8230; Bon, <strong>Control,</strong> ça n&#8217;est pas n&#8217;importe quoi et pour cause. L&#8217;exercice fut hautement périlleux : adapter au cinéma le récit de la vie d&#8217;un chanteur de rock mort à 24 ans, conjointement à la naissance d&#8217;un groupe qui deviendra culte et intronisera du même coup un genre à part entière : la Cold Wave.</p>
<p>Comme beaucoup d&#8217;étoiles filantes, le destin de Ian Curtis, l&#8217;opacité du personnage, fascinent. On peut d&#8217;ailleurs supposer qu&#8217;il demeurait un large mystère pour lui-même. Jusqu&#8217;ici, on sera d&#8217;accord avec l&#8217;interprétation filmique. Malheureusement, elle n&#8217;échappe pas à ce qu&#8217;il peut y avoir de plus déplaisant dans ce type d&#8217;exercice : un excès de pathos. Cet excès ne concerne pas l&#8217;intégralité du film, mais ce dernier commence à s&#8217;enliser disons, peu après le milieu du récit. Certes, on peut arguer que cet enlisement de la narration ne fait que mimer l&#8217;enlisement moral et psychologique du &#8220;personnage Ian Curtis&#8221;, héros romantique des années Thatcher. Néanmoins, je crois que l&#8217;erreur fatale du scénario fut de montrer tout ce qui précède le suicide, de faire monter la pression jusqu&#8217;à son paroxysme, le dégoût de Ian pour lui-même et les autres, jusqu&#8217;à ne plus entrevoir qu&#8217;une solution pour en finir avec la souffrance (l&#8217;épilepsie, le déchirement affectif et la notoriété devenus ingérables). C&#8217;est là que je m&#8217;interroge : faut-il exhiber à ce point la douleur psychique d&#8217;un individu, en suivre pas à pas la progression insoutenable et inéluctable de son délabrement ? N&#8217;est-ce pas une manière de violer la mémoire du suicidé, une appropriation voyeuse du mythe, jusque dans le moment le plus intime et tragique de son existence ? Enfin, est-il pertinent, du point de vue cinématographique, d&#8217;exhiber toute la &#8220;mécanique&#8221; du suicide ? A l&#8217;image du &#8220;son Joy Division&#8221;, exprimant avec froideur une intériorité sombre mais riche, j&#8217;aurais préféré un peu plus de sobriété, un voile de pudeur sur ces derniers instants. Je n&#8217;imagine même pas le martyre de l&#8217;acteur, excellent au demeurant. Autre problème majeur : le scénario s&#8217;inspire énormément du récit de Deborah Curtis, ex-femme de Ian. Cette biographie partisane, publiée de longue date chez le mythique éditeur <strong>Camion Blanc</strong>, est celui d&#8217;une femme bafouée, persuadée que la faute extra-conjugale de son mari fut initiée par sa maîtresse (journaliste belge), ce dont on peut fortement douter si l&#8217;on tient compte de l&#8217;extrême fragilité émotionnelle du chanteur. Au delà d&#8217;une forme de réparation économique et le rétablissement d&#8217;une vérité toute personnelle, la rancœur est et restera semble-t-il, la motivation principale de la veuve.</p>
<p>Pour en finir avec ce film douloureux, revenons tout de même sur ces aspects positifs, sur les choix artistiques d&#8217;Anton Corbijn. Proche de Ian Curtis et photographe de Joy Division (entre autres) son noir et blanc sublime l&#8217;esthétique du décor Manchesterien et accentue la tragédie à venir. On reconnait le savoir-faire du photographe dans le choix du cadrage, de la composition des plans, dans la maîtrise de la lumière. Autre point fort avec la bande-son, spécialement enregistrée pour l&#8217;occasion, étonnament fidèle. L&#8217;interprétation des acteurs et la restitution du climat général de l&#8217;époque sont tout à fait crédibles : fin du punk, chômage, grande créativité musicale des enfants du prolétariat. Le film aurait juste gagné en élégance à persévérer dans les contrastes émotionnels, au lieu de plonger dans l&#8217;horreur de la dépression. Pour faire un mauvais jeu de mots, <strong>Control</strong> a quelque peu &#8220;perdu le contrôle&#8221;&#8230;<br />
Il reste pourtant un film à voir, à apprécier pour ce qu&#8217;il a osé, qu&#8217;on soit fan ou pas.</p>
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		<title>Gabrielle Wittkop : celle qui sentait le souffre</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Feb 2010 12:26:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Au fil de ma bibliothèque]]></category>

		<category><![CDATA[anticonformisme]]></category>

		<category><![CDATA[Gabrielle Wittkop]]></category>

		<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;art a le droit de s&#8217;engager dans le royaume de nos pensées les plus secrètes&#8230; C&#8217;est son privilège. Walerian Borowczyk
Née en 1920, on pourrait dire de Gabrielle Wittkop qu&#8217;elle fût un peu le &#8220;maillon manquant&#8221; au féminin, d&#8217;une littérature dite de la transgression. C&#8217;est d&#8217;ailleurs à ce type de critère (écrivain souterrain, quasi-invisible du grand [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><strong>L&#8217;art a le droit de s&#8217;engager dans le royaume de nos pensées les plus secrètes&#8230; C&#8217;est son privilège.</strong> Walerian Borowczyk</p></blockquote>
<p>Née en 1920, on pourrait dire de Gabrielle Wittkop qu&#8217;elle fût un peu le &#8220;maillon manquant&#8221; au féminin, d&#8217;une <img class="alignleft size-full wp-image-910" style="border: 1px solid black; margin: 1px;" title="gabi" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/gabi.jpeg" alt="gabi" width="86" height="120" />littérature dite de la transgression. C&#8217;est d&#8217;ailleurs à ce type de critère (écrivain souterrain, quasi-invisible du grand public) que l&#8217;on reconnait la plupart du temps, une œuvre originale et pérenne. Héritière du décadentisme et de la cruauté, solidement plantée entre les piliers de l&#8217;histoire littéraire que sont Huysmans et Sade, cette auteure sulfureuse au style classique mais nullement moribond, maniait avec brio une langue précise et brûlante, toujours exigeante. Ces fictions empruntaient souvent la forme du journal, le mode de la confession soudain exhibée. Ainsi c&#8217;est à un voyage initiatique que nous vous invitons, sur les terres grisantes de Gabrielle, à la lumière ténébreuse de deux de ces romans : <em>Le nécrophile</em> (1972) premier roman et &#8220;coup de maître&#8221; paru chez Régine Desforges et <em>La marchande d&#8217;enfants</em> (2003) publication posthume.</p>
<p>Comme l&#8217;annonce <em><strong>Le Nécrophile</strong>, </em>la mort et la sexualité seront omniprésents dans les textes de &#8220;La Wittkop&#8221;. Essayer <img class="alignleft size-full wp-image-908" style="margin: 1px;" title="necrophile" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/necrophile.jpeg" alt="necrophile" width="92" height="134" />d&#8217;imaginer le scandale que cette thématique morbide, pensée et élaborée par une femme a pu provoquer au début des années 70, est une gageure. On tentera simplement d&#8217;esquisser un croquis de ce texte somptueux, sans en dévoiler les arcanes majeures : un homme raconte à travers son journal intime sa préférence contre-nature pour la nécrophilie, terme qu&#8217;il ne s&#8217;attribuera que tardivement dans le récit. Antiquaire de profession, il nous fait pénétrer dans un univers mental ou les codes sociaux et la raison sont continuellement transgressés, où les goûts et les dégoûts s&#8217;inversent, où le plaisir se prend sans l&#8217;accord de l&#8217;autre-muet, dans l&#8217;angoisse et dans la honte. Le journal intime lui permet de se livrer &#8220;corps et âme&#8221; avec une candeur plus monstrueuse que l&#8217;acte lui-même, et de projeter à la face du lecteur absent (car le journal ne s&#8217;adresse qu&#8217;à soi-même) cette passion déliquescente qui le dévore, car les cadavres ne &#8220;durent&#8221; pas. Et cependant, la répétition de ces pratiques secrètes semble conférer une forme d&#8217;immortalité  au geste nécrophile, une addiction même.</p>
<blockquote><p>L&#8217;immense foule endeuillée se pressait dans les allées, parmi des gloires de chrysanthèmes et l&#8217;air avait la saveur amère, enivrante de l&#8217;amour. Eros et Thanatos. Tous ces sexes sous la terre, y pense-t-on jamais ?</p></blockquote>
<p>Cette attraction malsaine trouvera quelque explication dans la mémoire du narrateur, faisant de la mort sa madeleine, et de son journal, un &#8220;pur&#8221; fragment de poésie noire.</p>
<p><strong><em>La marchande d&#8217;enfants</em></strong> sent bon le XVIII ème siècle et le roman par lettres. Il semble que Gabrielle Wittkop <strong><em><img class="alignleft size-full wp-image-907" style="margin: 1px;" title="marchande_enfants" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/marchande_enfants.jpeg" alt="marchande_enfants" width="81" height="115" /></em></strong>avait décidé d&#8217;explorer et de repousser jusqu&#8217;au bout, et du genre et de sa vie, les limites de l&#8217;indécence. Les limites de ce qu&#8217;une femme peut se permettre d&#8217;écrire, ce dont il faut lui rendre grâce<em>.</em> Nous sommes à la veille de la révolution française. Une femme raconte et conseille à une amie et &#8220;consoeur&#8221;, comment elle doit s&#8217;y prendre pour faire tourner son &#8220;commerce&#8221;. On aura compris par le titre, de quel type de commerce il s&#8217;agit. Moins angoissé car moins introspectif que<em> Le nécrophile</em>, ce roman historiquement informé, plonge le lecteur dans un voyeurisme délicieusement coupable. Il pose lui aussi la question de la norme sexuelle, de l&#8217;hypocrisie généralisée d&#8217;un siècle dans lequel le raffinement et la barbarie faisaient &#8220;bon ménage&#8221;. On peut parler de texte politique, au sens moral de ce que l&#8217;on nomme aujourd&#8217;hui le &#8220;politiquement correct&#8221; et au sens idéologique, l&#8217;humanisme censé fonder l&#8217;esprit de la révolution, révélant paradoxalement son côté obscur.</p>
<blockquote><p>Je me souviens avoir assisté, il n&#8217;y a pas si longtemps, à l&#8217;abominable spectacle du char à Pataclin où l&#8217;on entassait putes et maquerelles menées à Bicêtre, sous les huées d&#8217;une populace qui, n&#8217;en doutons pas, se ruait derechef vers ses taudis pour y copuler à la manière des verrats.</p></blockquote>
<p>Ce qui est frappant et qui relie ces textes, c&#8217;est la force avec laquelle la voix des personnages s&#8217;incarne, la puissance avec laquelle leurs discours s&#8217;animent. Il faut avoir une longue expérience de la vie et une fine connaissance du coeur humain pour parvenir à un tel degré de compréhension interne, doublée d&#8217;une remarquable intelligence du texte. Il y a fort à parier qu&#8217;à travers ses personnages de paria, G. W. déploya ce que nulle autre femme auparavant n&#8217;avait osé : l&#8217;envers le plus cruel, le plus odieux, le plus amoral de la figure humaine. Pour les lecteurs assidus de Gabrielle Wittkop, l&#8217;écrivaine demeurera l&#8217;Erzsébet Bathory de la littérature, un peu vampire et beaucoup écrivain.</p>
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		<title>Yûkoku, rites d&#8217;amour et de mort - Yukio Mishima</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Jan 2010 16:43:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[adaptation]]></category>

		<category><![CDATA[court-métrage]]></category>

		<category><![CDATA[Mishima]]></category>

		<category><![CDATA[Montrouge Magazine]]></category>

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		<description><![CDATA[Un article plus synthétique est paru dans le numéro 86 de Montrouge Magazine.

Faut-il encore présenter le sulfureux Mishima ?  Kimitake Hiraoka (1925-1970)  de son vrai nom, se révéla au grand public avec un roman décadent : &#8220;Confessions d&#8217;un masque&#8221; (1947). Le personnage principal, double de Kimitake, tente d&#8217;y mettre à nu les désirs contradictoires qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Un article plus synthétique est paru dans le numéro 86 de </em><a href="http://www.ville-montrouge.fr/fileadmin/MEDIA/images/magazines/2010/MM86/10_MM86_-_CULTURE.pdf"><span style="color: #dd1f00;"><em>Montrouge Magazine</em></span></a><em>.<br />
</em></p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-614" title="yukoku" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/yukoku.gif" alt="yukoku" width="241" height="326" />Faut-il encore présenter le sulfureux Mishima ?  Kimitake Hiraoka (1925-1970)  de son vrai nom, se révéla au grand public avec un roman décadent : &#8220;Confessions d&#8217;un masque&#8221; (1947). Le personnage principal, double de Kimitake, tente d&#8217;y mettre à nu les désirs contradictoires qui l&#8217;animent, entre passion charnelle homosexuelle et rigidité de l&#8217;<em>èthos</em> samouraï. Outre le champ littéraire (romans, nouvelles, essais, theâtre) Mishima investit aussi celui de la photographie . Dans &#8220;Ba-ra-kei : Ordeal by Roses&#8221; Mishima se met en scène, photographié par Eikoh Hosoe.  Fasciné par le martyre de Saint-Sébastien, l&#8217;écrivain y incarne les prémisses de l&#8217;esthétique gay : hypervalorisation de la musculature masculine, vitalité de la jeunesse magnifiée par la souffrance, désir de mort. Ces préoccupations érotico-existentielles ne sont pas sans évoquer celles du Japon contemporain, révélées par le travail de nombreux artistes, comme celui du photographe Nobuyoshi Araki par exemple, adepte du bondage et obsédé par le temps. Mishima l&#8217;homme de lettres fut aussi acteur, notamment pour Yasuzo Masumura dans &#8220;Le gars des vents froids&#8221; et l&#8217;on adapta nombre de ses fictions au cinéma.</p>
<p>L&#8217; édition DVD de <strong>Yûkoku </strong>(1965)<strong> </strong>court-métrage sorti en France sous le titre de <strong>Rites d&#8217;amour et de mort</strong> (1966)  offre l&#8217;opportunité de découvrir l&#8217;unique film de l&#8217;écrivain japonais le plus fascinant du XXème siècle - tant par le caractère transgressif de son œuvre, que par l&#8217;orchestration de sa propre fin. Ce coffret comprend un recueil de textes intitulé &#8220;Patriotisme et autres nouvelles&#8221;, un beau livret introductif,  ainsi qu&#8217;un  DVD contenant le film et une interview inédite de 1966 réalisée par le journaliste français Jean-Claude Courdy.  L&#8217;édition inespérée de ce coffret est aussi l&#8217;occasion de lire ou relire sa nouvelle intitulée &#8220;Patriotisme&#8221; (yûkoku en japonais) qu&#8217;il réécrivit pour l&#8217;adapter au médium cinéma, aventure artistique dont il assuma une partie du financement, les choix techniques, esthétiques et le rôle principal. Un rôle écrit &#8220;sur-mesure&#8221;&#8230;</p>
<p>L&#8217;action se situe autour des années 30. Un jeune colonel et sa femme, tous deux issus de familles samouraï, voient leur amour idéal mis à mal par un coup d&#8217;état (l&#8217;historique est le point de départ de la fiction). Perpétré par les compagnons d&#8217;armes du colonel, il confronte ce dernier à une situation éthiquement insoluble : l&#8217;impossibilité de choisir un camp entre celui de ses compagnons dissidents et celui de l&#8217;empereur. Pour rester loyal envers les uns et les autres, il n&#8217;a d&#8217;autre alternative que celle du &#8220;seppuku&#8221; (hara-kiri). Dans Yûkoku, on filme en cinq actes et en noir et blanc, le &#8220;petit théâtre&#8221; d&#8217;un couple en sa demeure. Le décor est minimaliste, épuré, à l&#8217;image d&#8217;une scène de théâtre nô, comme le souhaitait Mishima. Il accentue la solennité des personnages et cristallise l&#8217;attention du spectateur sur l&#8217;esthétique d&#8217;un espace déjà vide, et des deux personnages principaux qui l&#8217;animent pour la dernière fois. Il n&#8217;y a pas de dialogues mais l&#8217;équivalent des cartons au cinéma muet, sous forme de rouleaux. Calligraphiés par Mishima lui-même, en japonais, anglais et français, ils annoncent la scène à venir. L&#8217;opéra classique &#8220;Tristen und Isold&#8221;,  remplace les percussions qui accompagnent traditionnellement les pièces au théâtre nô. Il comble le mutisme des personnages, comme si aucun mot prononcé ne savait dire l&#8217;accablement mais aussi l&#8217;héroïsme qui les travaillent. Cet accompagnement sonore s&#8217;accorde donc parfaitement au destin funeste qui se noue, évoquant une certaine tradition du roman courtois.</p>
<p>Puisqu&#8217;il n&#8217;y a pas de dialogues, toute la tension repose sur le mime, la gestuelle des acteurs, la précision des postures, le temps qui les règlent. En dehors des regards quasi expressionnistes, les visages sont relativement inexpressifs. Les bouches demeurant hermétiquement closes, c&#8217;est le corps qui parle et qui fait &#8220;signe&#8221;. Le silence oppressant, qui par intermittence accompagne les gestes, exacerbe ce rôle de &#8220;signe&#8221;.  En outre, la pièce dans laquelle se déroule toute l&#8217;action, est ornée de kanjis, rappelant aux personnages et aux spectateurs la devise de ses habitants : &#8220;sincérité absolue&#8221;. Cette valeur morale qu&#8217;englobe l&#8217;honnêteté, imprègne la demeure et oriente la destinée de ceux qui l&#8217;habitent. On se trouve totalement immergé dans ce que Roland Barthes nommait à juste titre, &#8220;L&#8217;Empire des signes&#8221;. Bien que le seppuku soit acté par l&#8217;homme, c&#8217;est la femme qui est au centre de tout, qui traverse et enveloppe l&#8217;action. C&#8217;est sur elle que s&#8217;ouvre le film (elle qui symboliquement écrit, qui tient le pinceau) et sur elle qu&#8217;il se referme. C&#8217;est la femme qui organise, assiste et aide au bon déroulement du suicide de son mari, avant de se donner elle-même la mort. C&#8217;est dans cet intervalle funèbre, exaltant leurs émotions et leurs sens, qu&#8217;ils s&#8217;aiment une dernière fois. Bien qu&#8217;il soit celui par lequel la mort survient, l&#8217;homme n&#8217;est finalement que le point culminant de la souffrance par éventration.</p>
<p>Comparativement au texte, le film donne naturellement &#8220;à voir&#8221; l&#8217;esthétique d&#8217;un rituel lourd de sens. C&#8217;est l&#8217;image en mouvement, la pureté des lignes, c&#8217;est le &#8220;voir&#8221; qui importe. Au contraire dans la nouvelle, Mishima donne &#8220;à sentir&#8221; cet accouplement mythique entre Eros et Thanatos. On peut donc considérer, au delà d&#8217;une simple complémentarité, deux visions distinctes menant à deux manières de raconter une même histoire, deux œuvres. Enfin c&#8217;est aussi une répétition du suicide spectaculaire de l&#8217;écrivain, geste ultime qui résonne comme un achèvement artistique, le point final d&#8217;un démiurge.</p>
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		<title>Harold et Maude : l&#8217;amour tabou</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 16:35:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[Al Ashby]]></category>

		<category><![CDATA[comédie dramatique]]></category>

		<category><![CDATA[Harold et Maude]]></category>

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Un très jeune homme peut-il tomber amoureux d&#8217;une vieille dame ? Si &#8220;bien conservée&#8221; soit-elle&#8230; A cette question qui pourrait paraître incongrue, &#8220;Harold et Maude&#8221; répond d&#8217;une manière étonnamment fraîche et poétique. Mais le film interroge aussi et surtout les notions de norme, d&#8217;identité, de liberté qui travaillent tout un chacun. La subversion ne se situe donc [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="size-medium wp-image-812 alignleft" title="harold_maude2" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/harold_maude2-218x300.gif" alt="harold_maude2" width="218" height="300" /></p>
<p style="text-align: left;">Un très jeune homme peut-il tomber amoureux d&#8217;une vieille dame ? Si &#8220;bien conservée&#8221; soit-elle&#8230; A cette question qui pourrait paraître incongrue, &#8220;Harold et Maude&#8221; répond d&#8217;une manière étonnamment fraîche et poétique. Mais le film interroge aussi et surtout les notions de norme, d&#8217;identité, de liberté qui travaillent tout un chacun. La subversion ne se situe donc pas au plan des images que le scénario peut produire (l&#8217;intimité qui se noue, la séduction qui opère, la sexualité &#8220;non-conforme&#8221; qui en résulte). Elle se situe au plan des conventions que l&#8217;histoire met à mal, elle remet en question la légitimité de la morale générale. Réalisé par Hal Ashby et sorti en 1972, ce film tendre et atypique &#8220;n&#8217;a pas pris une ride&#8221;.</p>
<p>Harold, jeune homme &#8220;bien-né&#8221; en conflit avec sa mère, est hanté par la mort. Il passe le plus clair de son temps à élaborer des mises en scènes macabres, visant précisément à provoquer sa génitrice. Mais les réactions de cette dernière, femme artificielle et mondaine, ne font que l&#8217;encourager dans la répétition de ses suicides maquillés et spectaculaires. Fasciné par la mort et son décorum, sans pour autant s&#8217;en expliquer les raisons profondes, Harold partage son temps entre les enterrements auxquels il assiste assidument et ses rendez-vous stériles avec un psychanalyste. Un jour, une vieille femme l&#8217;accoste lors d&#8217;une messe funèbre. Extravagante et pleine de vie, Maude incarne l&#8217;exact contraire d&#8217;Harold, sombre et malheureux. Pourtant, Harold n&#8217;est pas dénué d&#8217;excentricité, ce qui n&#8217;échappe pas à Maude. Lorsqu&#8217; Harold ne se déplace qu&#8217;en corbillard, Maude s&#8217;ingénie à &#8220;emprunter&#8221; tout véhicule qui se présente à elle (moto comprise). C&#8217;est au cours d&#8217;une de ces virées rocambolesques que Maude invite son nouvel ami chez elle, sorte de caverne d&#8217;Ali Baba emplie d&#8217;œuvres d&#8217;art (Maude est modèle) d&#8217;instruments de musique (Maude est musicienne) d&#8217;inventions étonnantes (Maude créé) et de souvenirs (Maude est riche de ses 80 ans). Maude sera donc l&#8217;initiatrice d&#8217;Harold. Un des temps fort du film, titille l&#8217;idée qu&#8217;une femme de cet âge peut avoir de l&#8217;attrait, en avoir conscience, et en jouer pour séduire, tout comme une jeune femme serait légitime et même encouragée à le faire : &#8220;Allez-y, explorez, touchez, palpez&#8221; enjoint-elle malicieusement le jeune-homme, en lui présentant une imposante  sculpture de bois, dont la forme ne laisse aucun doute. Bien des scènes mériteraient qu&#8217;on en fasse l&#8217;éloge, car le sujet si délicat soit-il, laisse une large place au rire et à la jubilation.  La sincérité de cette histoire d&#8217;amour qui transgresse la barrière des générations, révèle l&#8217;hypocrisie de l&#8217;entourage d&#8217;Harold, qu&#8217;elle tourne en ridicule  : une mère écervelée incapable d&#8217;affection, un psychanalyste qui passe à côté du vrai problème, un prêtre &#8220;congestionné&#8221; à l&#8217;évocation d&#8217;une sexualité qui lui échappe à double titre.</p>
<p>Pour finir, Maude fera prendre conscience à Harold que la vie vaut la peine d&#8217;être vécue (on aperçoit brièvement à l&#8217;intérieur de son poignet, un numéro tatoué). Symboliquement, la transmission des valeurs ayant échoué du côté de la mère, c&#8217;est l&#8217;amante qui prend le relais. En bravant ensemble les petits interdits du quotidien jusqu&#8217;au tabou ultime, <img class="alignleft size-full wp-image-864" title="al_ashby" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/al_ashby.jpg" alt="al_ashby" width="170" height="197" />l&#8217;épanouissement d&#8217;Harold viendra illuminer les derniers jours de Maude et Maude permettra à Harold de trouver en lui-même, un sens à sa vie.  Enfin, il faut saluer les prestations exceptionnelles de Ruth Gordon aujourd&#8217;hui décédée, de Bud Cort son partenaire, ainsi que le talent du réalisateur également disparu, qui su mener ce récit original à son terme, en apportant un soin particulier à la composition des images. &#8220;Harold et Maude&#8221; est et demeurera un film important.</p>
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		<title>Diamanda Galas &amp; Gitane Demone : divas de l&#8217;ombre</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 18:22:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>paquita</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

		<category><![CDATA[Diamanda Galas]]></category>

		<category><![CDATA[diva]]></category>

		<category><![CDATA[Gitane Demone]]></category>

		<category><![CDATA[Montrouge Magazine]]></category>

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		<description><![CDATA[Article paru dans le n° 85 de Montrouge Magazine
Toutes deux natives des Etats-Unis, Diamanda Galas et Gitane Demone officient dans des registres musicaux voisins, déployant des univers sombres et très personnels.
 Diamanda Galas, personnage hautement charismatique est contemporaine de la scène No-Wave new-yorkaise (1977-1983) mais revendique, contrairement à Lydia Lunch, une solide formation musicale : chant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Article paru dans le n° 85 de <a href="http://www.ville-montrouge.fr/fileadmin/MEDIA/fichiers/pdf/toutes_les_publications/Montrouge_Magazine/MM85/culture85.pdf"><span style="color: #dd1f00;">Montrouge Magazine</span></a></em></p>
<p>Toutes deux natives des Etats-Unis, Diamanda Galas et Gitane Demone officient dans des registres musicaux voisins, déployant des univers sombres et très personnels.</p>
<p><img class="alignleft size-full wp-image-659" style="border: 1px solid black;" title="sporting_life" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/sporting_life.jpg" alt="sporting_life" width="200" height="200" /> <strong>Diamanda Galas</strong>, personnage hautement charismatique est contemporaine de la scène No-Wave new-yorkaise (1977-1983) mais revendique, contrairement à Lydia Lunch, une solide formation musicale : chant lyrique et piano. Dotée de 4 octaves et fervente lectrice d’Antonin Artaud, elle fera sien le concept du «Théâtre et son double ». La brune étincelante déclame ses textes allant parfois jusqu’au hurlement, en martelant les touches de son piano lors de performances extatiques. Les thèmes de ses concept-albums ne sont pas le fruit du hasard mais celui d’une véritable érudition : la maladie, l’amour et dernièrement le génocide arménien, lui inspirent des pièces musicales poignantes. <strong>« Sporting life »</strong> (1994) élaboré avec John Paul Jones - bassiste et claviériste de Led Zeppelin - est son album le plus rock et le plus accessible. On la considère généralement comme une artiste d’avant-garde.</p>
<p><img class="alignright size-full wp-image-747" style="border: 1px solid black;" title="facetsofblue3" src="http://lecridelavirgule.free.fr/wordpress/wp-content/facetsofblue3.jpg" alt="facetsofblue3" width="212" height="198" />Issue de la scène punk/new-wave et néanmoins très influencée par le jazz et le blues, <strong>Gitane Demone</strong> participera à l’avènement de la scène Death-Rock (1980) comme chanteuse et claviériste du mythique groupe « Christian Death ». Après une dizaine d’album avec le groupe qui connaîtra diverses formations, elle collabore entre autres avec le chanteur Rozz Williams à des projets parallèles. Expurgé du son rock, « Dream Home Heartache » (1995) est un album romantique et mature. Il marque un tournant dans la carrière musicale des deux complices, et révèle une sensibilité à fleur de peau. Dès 1989, Gitane entame une carrière solo qui la mènera à Amsterdam où elle poursuivra une carrière de chanteuse de jazz. Sur l’album <strong>« Facets of blue »</strong> elle reprend des standards tels que « Love for sale » de Cole Porter et interprète des titres plus personnels comme « Incendiary Lover », mêlant harmonieusement jazz, rock et expériences électroniques.</p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;"><span style="font-family: Arial;"><span style="font-size: small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">Artistes aux voix exceptionnelles, leurs musiques demeurent relativement confidentielles. On espère que ces divas de l’ombre vous séduirons !</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align: right;">
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;">
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